Notre département fait face à des températures exceptionnellement élevées.
En période de canicule, les professionnels de santé de premier recours jouent un rôle déterminant dans la prévention des pathologies graves liées à la chaleur. Les personnes âgées sont particulièrement exposées en raison d’une baisse physiologique de leurs capacités d’adaptation.
Avec l’âge, la perception thermique s’atténue, la sensation de soif diminue, la vasodilatation périphérique est moins efficace et la production de sueur chute rapidement après quelques jours d’exposition continue, entraînant une élévation dangereuse de la température centrale. Notre priorité absolue est d’assurer une prévention efficace en rafraîchissant, en éventant, en hydratant et en maintenant les apports nutritionnels de ces patients avant que des défaillances cliniques graves ne s’installent.
Protéger les patients fragiles
Une attention particulière doit être accordée aux patients atteints de pathologies chroniques cardiovasculaires, rénales, endocriniennes, neurologiques ou psychiatriques.
L’utilisation de certains médicaments peut en effet interférer avec la thermorégulation ou l’équilibre hydro-électrolytique, notamment les diurétiques, les neuroleptiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou les anticholinergiques.
Face à la canicule, il convient de réévaluer l’intérêt de chaque traitement en termes de bénéfice-risque individuel et de surveiller l’état d’hydratation biologique et clinique.
En aucun cas, il n’est justifié d’arrêter ou de d’interrompre systématiquement ces thérapies sans une évaluation clinique rigoureuse au préalable. De plus, les antipyrétiques comme le paracétamol ou l’aspirine s’avèrent inefficaces pour traiter une hyperthermie liée à la chaleur et peuvent se révéler délétères pour l’organisme.
Le diagnostic précoce des complications est crucial.
Il importe notamment de faire la différence entre une déshydratation globale et un coup de chaleur pour adapter au mieux la stratégie thérapeutique. Une déshydratation grave se manifeste par une perte de poids, une sécheresse des muqueuses, une hypotonie des globes oculaires et une hypotension, nécessitant une réhydratation urgente.
À l’inverse, le coup de chaleur se caractérise par une hyperthermie majeure supérieure ou égale à quarante degrés associée à des troubles neurologiques centraux et une peau rouge et sèche. Dans cette situation d’urgence vitale, une réhydratation intraveineuse trop intensive avant d’obtenir un bilan biologique complet présente un risque majeur d’hyponatrémie de dilution ou de surcharge hydrique, particulièrement chez le sujet âgé.
Le traitement immédiat doit reposer sur le refroidissement physique par humidification et ventilation active pour dissiper la chaleur par évaporation.
Se coordonner pour mieux soigner.
Pour fluidifier le maintien des soins à domicile et surmonter les difficultés logistiques de terrain, la CPTS Avenir Santé met à votre disposition un formulaire de signalement en ligne. Nous vous invitons à l’utiliser pour nous faire part en temps réel de vos contraintes de visites, de vos besoins en matériel de rafraîchissement ou pour signaler des situations d’isolement critique de vos patients.
Notre coordination utilisera ces informations pour organiser des solutions d’entraide locales et collaborer étroitement avec les mairies de notre territoire afin d’améliorer la prise en charge et de limiter les recours évitables aux urgences hospitalières.

